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#NonRetour : Vinci s'embourbe en Colombie

mercredi 12 décembre 2018 à 13:11

Suivons la piste du géant de la construction français pour voir jusqu'à quels marécages celle-ci pourrait nous emmener.

Ah les grands projets ! Quels meilleurs témoignages de la grandeur d'une civilisation. Le phare d'Alexandrie : un symbole mais aussi un outil qui permettra de guider le commerce en Méditerranée pendant plus de quinze siècles. La grande muraille de Chine : une construction défensive qui servira de moyen de communication et permettra l'émergence de la fameuse route de la soie.

Dessin de Leonard de Vinci

Des ouvrages permettant le développement. Des ouvrages fait pour marquer les esprits à travers les contrées et les siècles. Des ouvrages qui ont eu leur place dans des temps où les îlots de stabilité étaient rares. Un temps ou nous avions besoin de faire rayonner les lumières de la civilisation face aux étendues sauvages.

Mais ce sauvage nous manque cruellement aujourd'hui.

Pour ce nouvel article de notre série sur l'impératif climatique, nous nous attelons aux grands projets. Et les grands projets, chez nous, c'est Vinci. La société est un symbole avec des ouvrages marquants comme le Tunnel sous la Manche, l'usine marémotrice de la Rance, le centre Pompidou ou le stade de France. Mais Vinci symbolise aussi le débat sur les grands projets inutiles son ombre planant sur les luttes de Notre Dame de Landes ou le contournement autoroutier de Strasbourg.

Partons en chasse sur la piste de ce géant de la construction. Passons au crible certaines de ses œuvres. Peut-être en tirerons nous assez d'enseignements pour mieux nous armer dans le débat face à l'internationale du béton.

Manifestation contre le projet d'Aéroport de Notre Dames des Landes - NPA 44
Manifestation contre le projet d'Aéroport de Notre Dames des Landes - NPA 44

"Il ne faut pas appeler richesses les choses que l'on peut perdre." -- Léonard de Vinci

De quand dater la naissance de Vinci ?

Se situerait-elle en 1817, année de naissance de la "Maison Jean et Chabrié", première née d'une myriade de 2100 entreprises qui composent...

Emmanuel Macron : la pirouette réfléchie

mercredi 12 décembre 2018 à 00:42

Son silence, puis sa prise de parole visent un arrêt du mouvement

Ça a dû cogiter dur chez les communicants du président. Le mot d'ordre au lendemain de son allocution télévisée : il faut savoir arrêter un mouvement". Et arrêter de se payer la tête des gens, c'est possible ?

Manu-je-traverse-la-rue va vous calmer - D.R.

C'est la question qui brûle toutes les lèvres, celles des commentateurs professionnels, celles des journalistes, et sans aucun doute celle de la fine équipe de l'Elysée qui a orchestré le théâtre de lundi soir 20 heures : "Est-ce que ça va marcher ?". Est-ce que les gens vont gober l'affaire et arrêter ce mouvement qui commence, il faut bien le dire, à faire paniquer l'exécutif. Mais visiblement pas encore assez pour proposer quelque chose de tangible aux gilets jaunes.

La trouille des équipes d'Emmanuel Macron est particulièrement bien dépeinte dans un article du Canard Enchaîné du 12 décembre. Extraits : "le Chateau s’est transforme, le 8 decembre, en un veritable chateau fort [...] _500 gardes republicains du premier regiment d’infanterie, plus une petite centaine de flics et de gendarmes du Groupe de securite de la presidence de la Republique ont rapplique. Avec tout l’arsenal necessaire, notamment des lances a eau, pour repousser d’eventuels assaillants, des drones, pour les voir arriver de loin, tandis qu’a l’exterieur un helico etait pret a exfiltrer le chef de l’Etat." Ne manquaient que l’huile bouillante et les archers... Le palais presidentiel etait isole au centre d’un immense no man’s land, baptise "bunker institutionnel", englobant le ministere de l’Interieur, la place de la Concorde et l’Assemblee nationale.

Dès les premières heures du jour, il était évident que personne ne briserait le périmètre de sécurité qui avait été dessiné autour de l'Elysée - Antoine Champagne - Reflets - © Reflets
Dès les premières heures du jour, il était évident que personne ne briserait le périmètre de sécurité...

Pourquoi, dans les faits, il est désormais quasiment impossible de manifester

lundi 10 décembre 2018 à 20:02

Brazil, c'est aujourd'hui

Avec le délit de "participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations", on peut désormais mettre en garde à vue une personne équipée de masque de protection contre les gaz lacrymogènes. Or, il n'y a plus de manifestations sans usage massif de ces gaz.

Pluie de gaz sur la place Saint-Augustin - Reflets

La manifestation de samedi 8 décembre qui devait voir débouler sur Paris des hordes de personnes ayant la volonté de "tuer", selon les mots de l'Elysée s'est finalement plutôt bien passée, si l'on tient compte du fait que lesdits meurtriers ne sont pas venus. Ceci dit, la manifestation a dégénéré. Pourquoi ?

Comme nous l'indiquions dans notre reportage sur la manifestation, le premier contact avec des gilets jaunes, en bas des Champs-Elysées, était jugé "pacifique" par les policiers qui étaient là pour empêcher les manifestants de s'approcher du palais de l'Elysée. Le périmètre de sécurité entourant le palais était très, très, large. Bref, les manifestants voulaient aller crier leur colère sous les fenêtres du monarque républicain. Cela leur était interdit. Au début, donc, tout allait bien. Les gilets jaunes demandaient aux policiers de les laisser passer. Refus poli mais ferme.

C'est un peu plus haut sur les Champs, un peu plus tard, que tout a commencé. Les policiers barraient l'accès aux Champs-Elysées par les rues perpendiculaires. Filtrage à l'entrée sur l'avenue, impossibilité d'en sortir. Quelques dizaines de gendarmes harnachés se sont retrouvés (comment, on se le demande bien) au milieu de l'avenue, sur un trottoir, coupés de leurs copains. Les manifestants se sont donc approchés et les ont conspués. Classique. La tension est logiquement montée. Les forces de l'ordre ne restant jamais isolées...

Gilets jaunes : En attendant la parole de Jupiter

lundi 10 décembre 2018 à 11:34

Qui malheureusement ne servira probablement à rien

La presse est suspendue au discours d'Emmanuel Macron. Le peuple, lui, c'est moins sûr... Les mots de Macron risquent bien de n'avoir aucun effet sur la colère qui se répand.

Policiers le 8 décembre 2018 sur les Champs-Elysées - Reflets

Le pays est désormais suspendu à la parole du Président. Attention, Jupiter va parler. Alors attendons. Et regardons ce qui se passe. Les violences à Paris ont été relativement faibles, et on ne peut que s’en réjouir. Mais elles se sont déplacées en province. Les chiffres de la mobilisation au niveau national sont les mêmes que ceux du samedi précédent. Pourtant le gouvernement a joué à fond sur la peur des violences et dramatisé à outrance pour dissuader les citoyens de manifester.

Il est donc très probable que le mouvement continue. D’autant que gilets jaunes et gilets verts commencent à se rencontrer avec ce slogan «Urgence climatique et urgence sociale, même combat!».Dans le même temps, les médias matraquent sur les pertes financières pour les commerces, sur la mauvaise image à l’étranger pour le tourisme, etc. Ce n’est pas faux, mais on ne change pas un système sans perturbations, avant d’arriver à un nouvel état de stabilité. Ces arguments - consciemment ou non – ont pour effet d’éviter un changement qui ne peut s’obtenir sans une mobilisation massive. Comme si, au fond, il n’y a avait aucune autre alternative (le fameux TINA de Margareth Thatcher), qu’il n’y a avait rien à inventer, sauf à la marge.

L’impression est que beaucoup voudraient siffler la fin de la récréation. Mais est-ce si juste?«Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vides disent avec une bonne figure, avec une bonne conscience, nous, nous qui avons tout,...

Manifestation des gilets jaunes, le 8 décembre à Paris

samedi 8 décembre 2018 à 23:16

Reportage photo

Démarrée dans le calme, la manifestation s'est peu à peu tendue. Qui a jeté la première pierre ou la première lacrymo ? Peu importe, des deux côtés les débordements ont été nombreux.

Police sur les Champs-Elysées à la mi-journée - Antoine Champagne -Reflets - © Reflets

Tout a commencé tranquillement, sur les Champs-Elysées que les gilets jaunes ont rejoint à partir de huit heures. A ce moment-là, environ un 6ème des Champs était devenu la promenade du samedi. Les premiers gilets jaunes sont venus au contact des CRS en bas de l'avenue, c'est à dire dans la direction de l'Elysée et d'Emmanuel Macron. Désolé, on ne passe pas. Il faut dire que tout le bas du quartier était bouclé à double tour. Grilles bloquant les rues menant à l'Elysée, canons à eau, CRS en masse. Impossible de passer.

La suite est une série interminable de mouvements de nasse de la part des forces de l'ordre, de dispersion une fois que tout le monde est coincé, à grands coups de lacrymos et de grenades générant un bruit assourdissant. Une fois dispersés, les manifestants se replient sur un autre lieu, généralement tous au même endroit puisqu'il y a peu de voies de sortie. Re-nasse. Re-lacrymos. Vers l'heure du déjeuner, les premiers jets de cailloux volent avenue Marceau. Les flash-ball répondent. Puis les fameux véhicules blindés. C'est très efficace pour faire reculer tout le monde en faisant voler en éclat les frêles barricades, tout en arrosant de lacrymos.

En milieu d'après-midi, les heurts s'étaient multipliés, boulevard Haussmann, place Saint-Augustin, près de la gare Saint-Lazare où des boutiques étaient pillées, les barricades enflammées...

Dans les parties de manifestation qui parvenaient à échapper à l'action des...