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le hollandais volant

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Les ligatures en typographie

jeudi 15 octobre 2015 à 19:21
ligature S et I Quand on parle de ligatures en typographie, on parle de deux caractères qui sont collés pour n’en former plus qu’un : « oe » devient « œ », par exemple dans « œuf » et dans « cœur ».

Œ est sûrement la ligature la plus connue en français. On trouve ensuite « æ » que l’on retrouve dans ex æquo ou curriculum vitæ et représentant la ligature entre les lettres « a » et « e » ; ou encore le « & », qui représente historiquement la ligature entre un « e » et un « t » (d’où sa signification).

En allemand, on rencontre beaucoup le « ß », (à ne pas confondre avec le « β » (bêta) du grec), et qui représente la ligature entre un « ſ » (s long, utilisé en math pour les intégrales) et d’un « s ».

Le œ, le æ ou le ß sont assez courants, mais connaissez vous les autres ligature, beaucoup plus rares, voire presque disparues de l’usage ?

L’une des lettres qui présente pas mal de ligatures, c’est le « f » : cette lettre a en effet tendance à avoir la partie haute (la hampe) dépasser sur la droite, ce qui fait qu’il recouvre la lettre suivante et qui peut donner un résultat illisible. Par exemple, la hampe du f peut recouvrir le point du i qui le suite, ou heurter la barre du l ou du t, ou même la hampe d’un autre f. Dans certains cas, trois lettres sont ligaturées : par exemple quand on se retrouve avec deux f et un i.
Dans ces cas, les lettres sont ligaturées ainsi : «  », «  », «  », «  »…

L’origine d’une ligature pour deux caractères peut être technique : c’est le cas pour les ligatures avec le « f », pour éviter les collisions entre les lettres lorsque l’on utilisait les caractères en plomb dans l’imprimerie ; étymologique : la ligature représente alors un son unique en deux lettres ligaturées, comme « œ », qui représente un son unique (par exemple dans les mots « cœur » ou « fœtus », mais pas dans le mot « moelleux » qui ne présente donc pas de ligature) ; ou purement esthétique.

Ce dernier cas de ligatures esthétiques sont les plus rares et les moins utilisées, principalement parce qu’elles sont optionnelles. On découvre ainsi qu’il existe des ligatures comme « st » qui devient « st », simplement pour ajouter un peu de style. Elle reflète, parfois, la trace laissée par la plume dans une écriture manuscrite lorsqu’on passait d’une lettre à l’autre sans la lever du papier.

Enfin, dans les ligatures en langue française, on peut noter le statut de la vingt-troisième lettre de l’alphabet : « W » qui, historiquement, est une ligature entre deux « V », d’où son nom de « double V » (ou « double U » en anglais).
Cette ligature a fini par devenir une lettre à part entière.

Dans le même alphabet mais dans d’autres langues, on trouve d’autres ligatures, par exemple le « dz » (dz) en polonais ou le « lj » (lj) en slovaque. Le néerlandais utilise aussi parfois la ligature « ij » : « ij ».

L’alphabet phonétique international, présente d’autres ligatures qui lui sont propres : ȸ (db), ȹ (qp)…

Les autres alphabets disposent également de leur ligatures, apparues pour les mêmes raisons (techniques, étymologiques ou esthétiques).

Ressources :

image de Daniel Ullrich

Pourquoi le choix d’un navigateur est important (et un mot sur le navigateur Vivaldi)

lundi 5 octobre 2015 à 20:08
J’ai longtemps été un grand fan d’Opera, un grand utilisateur aussi et j’ai été très déçu/affecté/touché par leur décision de changer leur politique dans le développement du navigateur (en 2013…). Vivaldi c’est un navigateur assez récent qui a été fondé par les anciens de chez Opera, depuis tout ces changements.

Je pense que c’est le cas chez vous aussi, au moins une partie : le navigateur est le logiciel que j’utilise le plus sur mon ordinateur.
Ce n’est pas pour rien que certains font des ordinateurs avec juste un navigateur (les Chromebook de Google) : avec les bons sites, on peut en effet de passer complètement de tous les logiciels et n’utiliser vraiment que le navigateur.

À ce titre et pour un geek, le choix du navigateur devient aussi important que celui de l’OS : choisir un navigateur pour moi, c’est comme choisir une bonne paire de chaussures pour quelqu’un qui fait de la randonnée.

Je tourne actuellement sous Firefox : c’est à ce jour le navigateur que j’utilise et que je recommande.
Ce choix est hautement personnel, mais les raisons qui fait que j’utilise plutôt qu’un autre sont :


C’est sur ce dernier point que Firefox écrase les autres à mon sens : son éditeur Mozilla milite depuis plus de 15 ans à un web ouvert et interopérable. C’est un peu grâce à eux que l’on n’a plus de sites « spécial Windows avec des ActiveX » (impossible à naviguer sur Linux, Mac ou smartphone) ou qu’on peut avoir une vidéo sans avoir à utiliser Flash/Java/RealPlayer/WMP : ils se battent pour tout ça, contrairement aux autres éditeurs.

Cette philosophie d’un web libre et ouvert, interopérable et où il est facile de participer, c’est également la mienne. Mozilla n’a d’ailleurs aucun autre moyen que le bouche à oreille, nous donc, pour promouvoir cette philosophie sans qui le web libre n’existera plus dans quelques années. C’est d’ailleurs pour ça qu’il y a depuis quelques temps un bouton « Mozilla Firefox » sur la page de mon site.

Firefox, en somme, c’est le navigateur dont la philosophie correspond la plus à la mienne.

Sauf que… Ça pourrait bien ne pas durer. De récentes décisions chez Mozilla m’ont laissé (et d’autres) un peu perplexe : intégration de logiciels tiers, apparition de pub au sein même du navigateur, modules bientôt impossible à installer sans l’approbation de Mozilla. Beaucoup de tout ça est sûrement exagéré, mais tout ceci n’en reste pas moins assez inquiétant pour le futur du navigateur (évidemment, c’est aussi à nous de les aider pour qu’ils puissent continuer à limiter ce genre de décisions assez… mauvaises pour les utilisateurs).


Pour en revenir à Vivaldi, si un jour je devais quitter le navire de Firefox, c’est donc vers eux que j’irais. La raison à cela est que l’ancien navigateur Opera (qui a donné naissance au projet de Vivaldi) avait une philosophie à laquelle j’adhérais, et je sûr que je retrouverais une partie de ça dans Vivaldi, plus que dans n’importe quel autre navigateur (dans l’état actuel des choses).

Ceci donc pour vous aider à maintenir votre liste des navigateurs un peu à jour, ou vous en faire découvrir un nouveau si vous ne le connaissiez pas.
J’espère que Firefox et Mozilla resteront là encore là longtemps, bien entendu, mais dans l’hypothèse où malheureusement rien n’est éternel (y compris sur le net, et particulièrement en matière de logiciels), je préfère avoir une solution de secours. Et Vivaldi, bien qu’encore assez jeune, peut déjà faire un bon navigateur secondaire (chez moi c’est Chromium qui occupe en ce moment ce poste… pour l’instant).

Ressource :

GPG : protéger un document par un mot de passe

lundi 28 septembre 2015 à 18:57
GPG c’est ce qui est utilisé pour le chiffrement des emails.

Mais on peut aussi l’utiliser pour chiffrer n’importe quel document avec un mot de passe.

Si je veux protéger une photo par un mot de passe, je fais ça :

gpg -ca photo.jpg

Il va demander un mot de passe, qu’on doit choisir et entrer (ça marche aussi si vous n’avez pas de paire de clés privée/publique).
Ça va créer un fichier « photo.jpg.asc » qui est maintenant protégé.

Pour déchiffrer, vous faites alors :

gpg -d photo.jpg.asc > photo.jpg
Ce qui va vous demander le mot de passe précédemment choisit et vous produire la photo !

Le « > photo.jpg » n’est pas obligatoire, mais si vous ne le faites pas, il va afficher les données binaires à l’écran, ce qui n’est pas ce que l’on veut : nous on veut retrouver notre photo.jpg.

Pour vous donner un exemple, essayez sur cette photo de mon chat : photo.jpg.asc. Le mot de passe est « monchat ».


Ça marche avec tous les documents. Si vous voulez faire ça avec un dossier, préférez la création d’une archive (tar, zip, 7z…) du dossier et de tous les fichiers avant le chiffrement (qui prendra alors plus de temps en fonction de la taille du dossier).
Certains logiciels de chiffrement incluent ce genre de fonctions directement (7z par exemple), mais si vous voulez juste un chiffrement, la solution GPG existe !


(merci à Phileas qui m’a appris ça, alors que je ne connaissais pas)

Pourquoi l’unicode dans les URL est une mauvaise idée

dimanche 27 septembre 2015 à 15:29
(Cet article s’adresse en partie à ce site : république-numérique.fr)

Bien loin est le temps où les sites n’étaient qu’en « .com » ou « .fr » : on trouve maintenant des « .france », « .xxx », « .science », « .christmas », « .google » et plein, plein d’autres.

En plus de tout ça, il est également déjà possible d’avoir des accents dans les noms de sites. Au lieu de « republique-francaise.fr » on pourrait avoir « république-française.fr ».

Voilà qui va plaire à l’Académie Française, mais je ne suis pas sûr que ça plaise à l’américain moyen et son clavier qwerty : si taper un accent aigu sur du qwerty sur le « e » est encore relativement simple, mettre un cédille sur le « c » l’est déjà moins. Sans compter que la plupart des gens en France n’accentuent pas leur majuscules (ce qui est pourtant obligatoire selon les règles d’orthographe), et que les kikoo de Facebook n’accentuent même plus rien du tout, ça risque d’être un beau bordel.

Après, dans les nouvelles extensions de sites web, on trouve, en plus du « .christmas » et du « .google », aussi ce genre de choses : « ..삼성 », « .дети » ou « .中信 », respectivement en coréen, en russe et en chinois, alors que je ne parle pas des extensions en hébreu, en arabe, en cinghalais, en japonais, en grec ou dans tous les autres alphabets qui existent (car pourquoi se limiter à quelques-uns ?).

Tout ça c’est bien joli et sympathique pour les 2,5+ milliards de personnes dans le monde qui n’utilisent pas l’alphabet latin à la base, mais je pense que ça risque de fragmenter un peu plus internet et les sites-web et de rendre la vie plus dure à tout le monde (pas seulement moi et mon clavier latin). Il ne faut pas oublier que les claviers avec l’alphabet latin sont plus ou moins répandus partout (ou au moins en alphabet secondaire sur les claviers non latins). Comment ça sera quand un nom de site web en cyrillique devra être écrit sur clavier kana ?

Je pense que si il n’y a pas un fallback en Ascii (sous partie très réduite de l’alphabet latin et seule utilisée in facto en informatique) quelque part, il sera impossible de s’en sortir. Pas juste pour moi qui utilise cet alphabet là à la base, mais pour tous ceux qui utilisent un Internet actuel. C’est bien beau de penser à tous le monde, humainement et techniquement, mais ça risque aussi de casser bien plus de choses que ça ne résout.
Qu’un blog local s’amuse à mettre des caractères unicode dans son site, ce n’est pas trop un problème, mais ça peut le devenir si les institutions gouvernementales s’y mettent, car ces derniers peuvent avoir plus ou moins un rayonnement international.

Donc pour en revenir à république-numérique.fr, je ne peux pas être d’accord avec eux. Il faut dissocier le contenu de la page et son URL (la façon d’y accéder). Parce que sinon, on devrait également remplacer le tiret « - » par un trait d’union « ‐ » et mettre des majuscules (pas sûr que le « .fr » dans l’expression satisfasse aux règles d’orthographe).


ÉDIT : Oui, je connais le Punnycode, pour le fallback Ascii : mais j’espère que vous rigolez quand il s’agit de transformer « .香港 » (qui se lit xiāng gǎng selon les règles de translittération déjà existante) en ceci « .xn--j6w193g » ?
Je reformule donc : il faudrait un truc « simple » pour convertir les noms de sites en unicode, pas un charabia mathématique que personne ne comprend sans avoir un master en mathématiques. Et si possible, transparent à l’usage.
Par exemple « republique.fr » devrait pouvoir pointer tout seul sur « république.fr », et « .テスト » devrait plutôt être pointable par « .tesuto » plutôt que par « .xn--zckzah ». au moins il y aurait une logique linguistique derrière (ce qui me semble être le but de l’un des buts de l’unicode, non ?).
À la commande d’un NDD en « .テスト » il faudrait que soient inclus d’office le « .tesuto » et leur équivalents ailleurs.

ÉDIT-2 Vu qu’on peut compter sur personne d’autre que soi même, voilà mon clavier virtuel pour navigateur pour taper dans une quarantaine de claviers différents en direct.

Quelques astuces pour les clés GPG

dimanche 20 septembre 2015 à 18:22
L’ami Matronix a perdu sa clé GPG et a donc été obligé d’en créer une nouvelle. Bouuuhouu… *paf*[1]
Le problème maintenant :

Pour éviter ça, il y a des solutions !
Ne pas perdre sa clé publique est la plus évidente, mais personne n’est à l’abri d’une panne ou d’une mauvaise manipulation.

Pour éviter de perdre ses clés


Sauvegardez votre clé publique et privée sur un stockage externe[2], de préférence dédié à ça. S’il vous reste une vieille clé USB de 64 Mo (une antiquité, quoi), vous pouvez l’utiliser pour ça. Une disquette, c’est possible aussi, mais qui lit encore les disquettes ? Qui sait même encore ce qu’est une disquette, de nos jours ?

Une clé USB pour stocker ses clés GPG c’est bien, donc. Mais si la clé tombe en panne ?

Ma solution, c’est imprimer vos clés GPG. Pas en texte, car ça prendrait trop de temps pour taper le code en base64 à la main, mais dans un QR-Code, ou un datamatrix.
Si vous faites ça, vos clés seront sur un document en papier et vous pourrez les numériser très facilement avec un téléphone ou une webcam. Gardez quand même vos documents à l’abri (des gens, mais aussi d’un accident plus grave : incendie…).

De cette façon, perdre complètement vos clés GPG ne se reproduira plus.
Vous pouvez générer ici un QR-Code de façon sécurisé et anonyme.

Ma clé publique GPG dans un QR-Code se trouve ici.

Pour éviter que votre clé soit utilisable une fois perdue


Je veux dire par là que si vous perdez vos clés et que ces derniers n’expirent jamais, alors ils pourront être utilisées pour chiffrer des messages sans que vous ne puissiez les déchiffrer. Il faut donc utiliser une date d’expiration sur vos clés.

Ma méthode, qui permet de garder sa clé à la fois longtemps et sans risquer qu’elle reste valide indéfiniment, c’est de mettre une durée d’expiration (par exemple 1 an) et de repousser cette date quand on arrive à la fin de l’année. Votre clé est ainsi toujours valide, mais si vous la perdez alors elle s’expirera toute seule au bout d’un an.

Quand vous mettez à jour la date d’expiration (par exemple un mois avant la fin), n’oubliez pas de la republier la clé publique sur les serveurs de clé GPG, pour que tout le monde puisse avoir la dernière version à jour.




(Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est une clé GPG et le chiffrement des emails, vous pouvez consulter mon tutoriel pour ça : utiliser GPG dans Thunderbird pour envoyer des e-mails chiffrés.)